Tatou

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Tatou.
Rue de la Chapelle, la commune a réhabilité un terrain mis à sa disposition. On peut y voir une silhouette de métal noir, portant à sa base une plaque sur laquelle est écrit : « Tatou – philosophe local – 1856 – 1926.
Ailleurs que dans le Midi, on dirait que Tatou était un attardé mental. Ici, on dirait « un fada ». Pour les salviacois qui en ont entendu parler, c’était un « innocent », personnage atypique fils du ménage Albouyssou, dont les anciens de Salviac parlaient pittoresquement : « elle était énorme, véritablement colossale ; ses chairs abondaient, flottaient autour de sa taille en masse hémisphérique et molle mais ses bras étaient durs. Il était petit, maigrichon, léger comme un échalas des vignes desséché par le soleil ». L’écrivain poète Boyer d’Agen (1857-1945) a écrit de lui : « et devant sa bêtise et sa philosophie, vous ne savez, non plus, qu’admirer davantage ou que tant de sagesse aille à tant de folie ou que d’un fou pareil ait pu naître un tel sage ». Emile Conduché, autre écrivain, disait de lui en 1949, dans « Le buisson ardent » : « …Tatou, de loin le personnage le plus illustre de Salviac, avant – Dieu me pardonne – Jean XXII, le grand pape d’Avignon, avant même Boyer d’Agen qui chanta l’un et l’autre, je veux dire Tatou et le Pape, en rimes savantes et cadurciennes. »
Les parents de Tatou exerçaient le métier de décrotteur : pour un sou ils grattaient, ébouaient, dépoussiéraient, ciraient les brodequins de toute la population devant l’église saint-Jacques. Tatou était réfractaire à toute éducation ; il fut soldat mais sa carrière n’alla pas au-delà de la première revue de casernement : le colonel le déclara fou et il fut renvoyé dans ses foyers. Ses parents morts, Tatou fut adopté par le village. Il adorait les enfants et allait rendre visite aux nouveaux nés dans leurs foyers ; on l’accueillait avec joie, sans doute avec superstition, l’innocent étant réputé porter bonheur. Tatou ne travaillait que lorsqu’il avait faim et le chantait à pleine voix dans les rues, il y avait toujours alors une ménagère pour lui donner à manger. Il faisait fonction officieuse de crieur public et même de convoyeur de fonds, à pied, jusqu’à Rocamadour ou Gramat, sa probité étant reconnue par les maquignons qui l’employaient. Effrayé par la mort, il avait fait promettre au maire et au curé, par écrit, qu’il serait enterré « coumo un christien » (comme un chrétien). Décédé le 18 février 1928, le village entier assista à ses obsèques, et le sculpteur Emile Mompart lui dressa au cimetière une stèle aujourd’hui disparue.

Emile Mompart

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Emile Mompart
Artiste sculpteur
1898 – 1972

Le collège de Salviac porte depuis le 4 juillet 2014 le nom d’Emile Mompart. Le discours prononcé à cette occasion par Alain Faucon maire de Salviac retrace la vie de ce salviacois désormais reconnu.

« Choisir d’ouvrir les commémorations du centenaire de la guerre de 14/18 organisées par la communauté de communes par le baptême du collège de Salviac est l’occasion de faire un travail de mémoire sur le thème de la paix vers nos jeunes porteurs d’avenir ! C’est aussi rendre un hommage à nos 400 morts et à tous nos anciens qui vécurent le drame de ce conflit.
En choisissant le nom du sculpteur Emile Mompart, c’est honore un « poilu », un enfant du pays, un artiste inspiré qui sut capter le sentiment général après la période douloureuse de l’après-guerre et le traduire dans une œuvre artistique.

Emile Mompart appartient à cette génération de français pour qui la guerre a représenté l’irruption de la tragédie dans le bonheur insouciant de la jeunesse. Il était né en 1898, assez tôt donc pour avoir vu sa jeunesse brutalement dépossédée de l’insouciance, lors de la déclaration de guerre et la mobilisation de son père et des hommes de son village. Il interrompra ses études pour seconder sa mère dans l’entreprise familiale. Puis sera mobilisé à son tour en 1916, il a alors 18 ans !
Incorporé dans un régiment du Génie, il connaitra la vie des tranchées et le travail de sape demandé à son unité. Il mène cette vie effrayante de rester terré et de ne sortir à l’air libre que pour se faire mitrailler en chargeant les lignes adverses.
Comme tous ses camarades, il ne rêve que de sortir de cet enfer de feu, de fer et de boue. Il aspire à changer d’air, l’occasion lui en est offerte, on cherche des volontaires pour survoler les lignes ennemies à bord d’un dirigeable, il se porte volontaire. Voler au-dessus du bourbier est certainement pour lui une façon de s’évader de ce quotidien sordide. Mais son expérience aéronautique sera de courte durée, l’aéronef sera abattu par les tirs ennemis et Emile se retrouvera accroché avec son parachute à un peuplier au-dessus d’un champ de bataille sur lequel flottait l’odeur de moutarde de l’ypérite. Asphyxié par ce gaz mortel, il sera évacué au Val de Grâce pour y être soigné. Plus tard il sera dirigé aux Invalides où il fera pendant sa convalescence office de brancardier, il verra ainsi arriver ces hommes jeunes pour la plupart amputés ou défigurés, ces gueules cassées ultime affront à la jeunesse. Son handicap ne lui permet plus de remonter au front et en quelque sorte lui sauve la vie.
L’armée cherche des dessinateurs pour le service des cartes, son savoir-faire est repéré, Emile va travailler au service des cartes et des maquettes de l’armée, cela lui laisse un peu de temps libre dont il va profiter pour aller à la rencontre des artistes peintres et sculpteurs parisiens : voir, échanger, confronter les techniques et certainement…les idées, comme la plupart de ses camarades qui reviendront de ce conflit, il ne pourra pas raconter les horreurs vues ou vécues pendant « sa » guerre.
C’est lors de son retour dans son village de Salviac, où 70 jeunes amis et camarades ont disparus, qu’il percevra l’énorme gâchis qui défie ses valeurs humanistes…
Il ne retrouve que des mères éplorées, de jeunes veuves, des fiancées veuves avant d’être épousées, des rescapés invalides, des blessés qui n’en finissent pas de mourir… Et déjà un exode qui s’organise pour fuir ce climat lourd qui s’installe, qui va dépeupler notre village et nos campagnes. Tout cela ne fera qu’amplifier son ressentiment, profondément meurtri, désespéré des autorités militaires et politiques, il maudira la guerre.
C’est là, dans ce retour dans un village et un pays natal qu’il ne reconnaît plus, qu’il faut chercher l’origine de l’inspiration d’Emile Mompart !
Il intériorisera sa douleur.
Quand vint le temps des monuments pour honorer tous ces « poilus », les morts et les vivants, c’est Victor son père maçon qui recevra les premières commandes mais c’est Emile le sculpteur, l’artiste, qui reprendra ses marteaux et ciseaux pour les réaliser.
Il était issu d’une famille de maitres maçons et de tailleurs de pierre, bâtisseurs de maisons, de bâtiments publics, de monuments funéraires et d’églises, chez qui la tradition du compagnonnage était ancienne. (Chez les Mompart on gardait une place à table pour le compagnon de passage).
Emile était doué pour la sculpture et la peinture, très jeune initié au dessin par Marthe Boyer Breton. Il avait fait des études à l’école des beaux-arts de Toulouse (qui furent interrompues par la guerre). En 1919 il tentera le prix de Rome de peinture, sélectionné pour la finale il ne peut concourir n’ayant pas les moyens de payer son inscription au concours.
Il faut croire qu’il sut capter le cœur et le sentiment général des autorités et de la population de la Bouriane puisqu’il réalisera une trentaine de monuments aux morts dans le Lot et en Dordogne.
A contre courant du mouvement des artistes statuaires de l’époque, il évitera la glorification outrancière de la Guerre et de la Victoire !
Il soulignera la douleur des femmes, le chagrin de la perte irrémédiable des hommes. C’est en traduisant les sentiments des gens de son pays, en prenant comme modèle des femmes de nos villages, concernées par tous ces deuils et ces drames, qu’Emile Mompart va créer une œuvre profondément authentique. Son œuvre touche et parle au cœur de tous.
Ainsi le monument de Lavercantière, devenu un symbole du mouvement pacifiste : la statue d’une femme mère éplorée, tête baissée, regarde à ses pieds la longue liste des enfants du pays disparus d’où émergent deux figures de soldats, le père et le fils, elle murmure une plainte : « paours drôles » (pauvres enfants).
En 1929, la commande publique sur fond de crise financière se fit de plus en plus rare, alors le temps des monuments s’estompa.
De plus, Emile devenu au fil du temps insuffisant respiratoire (suite à ses blessures de guerre) est fatigué par son travail, il doit trouver une solution pour faire vivre une famille déjà nombreuse.
En 1930, il se dirige alors vers l’enseignement où son savoir, sa culture et son humanisme le portaient naturellement. C’est dans l’enseignement technique, à l’école artisanale de Souillac, qu’il enseignera le métier et l’art de sculpter et tailler la pierre. C’est là, dans cette fonction d’enseignant pendant la seconde guerre mondiale qu’il vivra le climat malsain de l’occupation (collaboration, délation, déportation, diffamation).
Emile résistera au système en place. Il continuera à dispenser son enseignement mais n’acceptera pas le travail obligatoire en Allemagne pour ses élèves apprentis. Il participera à l’organisation d’un réseau en lien avec la résistance locale, pour permettre aux jeunes d’éviter le STO
Il mettra son talent de sculpteur au service de la résistance en gravant un tampon dans une pièce de monnaie, pour faire de faux laissez-passer.
Prévenu à temps par un élève il échappera à la rafle du réseau Haure Placé de l’école d’apprentissage de Souillac et se réfugiera dans les falaises de Saint Sozy avec certains élèves réfractaires.
Emile avait bien sûr gardé une activité artistique importante : il passait sont temps libre et ses loisirs à peindre les beautés du monde qui l’entourait, paysages, scènes de vie de village en y mêlant parfois ses souvenirs d’enfance.
Il garda cette passion toute sa vie.
En 1946, Emile Mompart est nommé professeur à l’Ecole normale d’apprentissage de Nantes où il formera des professeurs de l’enseignement technique. Cette nomination avait créé des jalousies ; en son absence toutes ses peintures seront vandalisées et déchirées dans sa maison de Souillac. Cet acte le blessera profondément !
Emile Mompart était un pédagogue né, il savait valoriser pour intéresser et transmettre son savoir dont le champ était vaste. Il marquera tous ceux qui ont eu la chance de le connaître, de bénéficier de son enseignement, de ses discussions, de ses rencontres ! Il finira sa carrière au lycée de Gourdan-Polignan près de Montréjeau, face aux Pyrénées, recherchant toujours l’air pur qui lui manqua toute sa vie, il s’éteindra en 1972 à 74 ans.
Homme tolérant, modeste, fuyant les mondanités, dégageant une autorité naturelle, il aimait la vie et les rapports humains, mais il savait défendre une idée qu’il pensait juste sans faire de concession. Restant en dehors des idées reçues et des solutions faciles, fuyant les dogmes, il pensait librement !
Je félicite les élèves et les enseignants d’avoir fait le choix d’Emile Mompart !
Notre collège de Salviac, soyons-en sûrs, va porter le nom d’un grand artiste, d’un homme digne, ouvert et généreux qui d’un bout à l’autre de son parcours a illustré une grande indépendance d’esprit. Son œuvre pacifiste majeure, qui a imprégné le paysage de la Bouriane, est unique en France, elle est aujourd’hui de plus en plus reconnue.
Ainsi Emile Mompart, prophète en son pays en rejetant la guerre et ses conséquences, en valorisant la paix, est rejoint aujourd’hui par le sentiment général des français et des européens : plus jamais ça ! »

Alain Faucon

A ce discours il faut ajouter l’hommage plus intime rendu au sculpteur par son fils André, dont voici des extraits :
…..Quel sera l’avenir de nos enfants, de ces élèves qui vont sortir de l’école ?
J’espère que l’exemple d’Emile Mompart leur donnera du courage pour lutter dans la vie qui les attend.

Il est né le 3 mai 1898 à Salviac, dans une famille de maçons-tailleurs de pierre de père en fils, fiers de leur métier, qui sifflaient dans la rue et chantaient en travaillant ; sans être riches ils survivaient avec le fruit de leur travail, il faut dire qu’à cette époque-là le travail ne manquait pas…les travaux des champs, le bois qu’il fallait couper pour se chauffer, les pierres qu’il fallait extraire pour bâtir granges et maisons, les battages du blé, les vendanges, la cuisine et les travaux ménagers pour les mères de famille et leurs filles. …il a grandi dans la campagne salviacoise, au milieu des champs et des pierres, entouré de son père Victor, de sa mère Noémie, sa soeur Suzanne, avec parmi tous ces hommes certains Compagnons du Tour de France qui seront ses éducateurs…cette enfance Emile ne l’oubliera pas, on retrouvera dans ses œuvres, peintures et sculptures, le côté humain, parfois douloureux, de la vie…L’histoire de la construction de l’église de Cazals où son grand-père, dit « le Jean de Bernard » perdit la vie avec 5 ouvriers, à la suite de l’effondrement d’un échafaudage affouillé par les eaux d’un orage…On construisit beaucoup d’écoles, Victor et ses ouvriers bâtirent celle de Salviac, l’école de Saint-Médard Catus, le collège de Gourdon, de Prayssac, de nombreux caveaux, des maisons, des granges, lavoirs, ponts, aqueducs et bornes kilométriques…
Un élève du collège m’a posé cette question : « pourquoi lui ? ». Très bonne question ! répondre « parce qu’il est né ici » ne serait pas suffisant.

  Parce qu’il était sculpteur, peintre, musicien, artiste

  Parce qu’il a sculpté des monuments aux morts, alors qu’il savait sculpter autre chose, ce n’est pas suffisant non plus aux yeux des enfants d’aujourd’hui ;

  Parce qu’il est devenu professeur ? Pourquoi pas banquier ?

A toutes ces questions Emile aurait répondu : « si j’ai eu ce don d’artiste sculpteur, je n’ai rien demandé, un autre aurait pu l’avoir à ma place ! »
Quand on lui demandait pourquoi il ne signait pas ses œuvres, il haussait les épaules, il disait en riant : « beaucoup d’imbéciles ont signé les leurs ! »

…Si Emile Mompart était là aujourd’hui, il vous dirait : « plus de monument, plus de croix ». Dans ses dernières volontés il a dit : « on porte sa croix toute sa vie, je n’en veux pas sur mon ventre quand je serai mort ! »…

CDT Mezergues

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Le Commandant Albert Mézergues. 1886 – 1925.
La ruelle où ont résidés ses grands-parents porte désormais son nom et l’indication de « héros de la guerre 1914-1918 ». Albert Mézergues est né dans le Gard le 5 novembre 1886, au hasard d’une mutation de son père gendarme. Engagé en 1904 dans la cavalerie, il passe à l’aviation en 1913. Spécialisé dans le bombardement, il s’illustre en Allemagne et en Grèce avant d’être fait prisonnier après un accident aérien. Evadé, il reprend la guerre. A la fin de celle-ci, il a sept victoires homologuées, huit citations. Après la grande Guerre, il continue sa carrière héroïque en Afrique et au Maroc où il meurt le 15 mai 1925 des suites de blessures reçues au combat. Plusieurs hommages lui sont rendus : l’école de pilotage de l’Armée de l’Air de Meknès (Maroc) dissoute en 1961 portait son nom. Une des artères principales de cette ville est baptisée « avenue du Commandant Mézergues ». Il a donné son nom à la promotion 1937 de l’Ecole de l’Air (E.A) de Salon de Provence où son corps a été transféré. La promotion 2011 de l’E.A lui a rendu hommage le 6 juillet 2012 avec la lecture de la cinquième citation obtenue pour une « semaine de travail » du 17 au 23 mars 1916 : « officier au-dessus de toute éloge, toujours prêt à courir au danger et réclamant les missions les plus difficiles et les plus dangereuses. Le 17 mars, sans protection, a continué sa mission jusqu’au bout, loin dans les lignes ennemies, malgré un combat avec 5 avions. Le 18 mars, poursuivant l’ennemi en retraite, l’a mitraillé à moins de 200 mètres, semant la panique. Le 21 mars, a exécuté une reconnaissance lointaine à très basse altitude, revenant avec son avion criblé de balles et d’éclats d’obus, mitraillant les servants d’une batterie. Le 23 mars, par une température exceptionnellement rigoureuse, a complètement terminé sa mission, revenant avec les renseignements les plus précieux, la figure gelée. Déjà cité 3 fois à l’ordre du jour ».

Boyer d’Agen

Jean Auguste Boyer dit Boyer d’Agen
Ecrivain – 1857 – 1945
Jean Auguste Boyer était issu de Salviac par sa mère née Vialard. Son grand-père avait épousé jeanne Passfond dont le père avait acquis la chapelle de l’Olm vendue bien national à la Révolution. Enfant, jean venait passer ses vacances à Salviac et regardait souvent du haut de la Gatou (la maison de son grand-père Vialard) (1) le coucher de soleil qui embrasait l’église Saint-Jacques. Devenu un écrivain célèbre, il demeura fidèle à son village d’enfance où il passa avec son épouse de très nombreux étés jusqu’à sa mort. Ils allaient souvent dans la maison des Passefond à la chapelle. Boyer d’Agen consacra plusieurs articles à Salviac :
Sur ses vacances salviacoises avec sa fille :
« Te souviens-tu du temps qui précéda la guerre,
quand, bouclant des paquets qui ne nous chargeaient guère
les livres refermés sur trois mois de prés verts
nous désertions la ville et courions au grand air ?
………..
Enfin nous approchions de la demeure où seule
De si longs jours durant nous attendait l’aïeule…. »
(Extrait de « Cadurciana » 1923.

Sur l’église :
« S.Pierre et S.Paul
Au chœur paroissial de mon humble village,
Il est deux saints de bois, dont les ans bravent l’âge
Et qui d’un maître ancien signalent la valeur.
Dans l’un d’eux Pierre au ciel tend sa clé symbolique ;
Dans l’autre, Paul s’appuie au glaive hyperbolique
Dont fut tranché le chef du maitre harangueur.
…………..
Et je n’entre jamais dans l’église natale
Dont saint Pierre et saint Paul sacrent la vieille dalle…. »

A son épouse :
« Elle
Entre les cent tableaux qu’elle a peints au village
Celui du « château rouge » (2) est grâce à son pinceau,
Ce qui reste d’un vol de pierres par monceau,
A New-York s’en allant sans retour de voyage… »

Il écrivit un article pour la Société des études du Lot, la Révolution à Salviac, dans lequel il parle de la chapelle de l’Olm. C’est grâce à l’un de ses poèmes que nous apprenons que deux tableaux furent peints et offerts à l’église par Marthe (voir Marthe Boyer d’Agen).

(1) c’est actuellement une maison locative appartenant à la commune, à l’entrée du lotissement de la Gatou.
(2) Ce tableau est conservé au Musée de Cahors.

Marthe Boyer Breton

Marthe Boyer-Breton. Marthe Boyer-breton fut peintre de genre, portraitiste, graveur et peintre sur porcelaine. Née à Paris en 1860, elle fut l’élève de L.Bonnat, de Dessart, d’Humbert et de Parrot, et d’une certaine madame Thoret. Elle fut professeur de dessin des écoles de la ville de Paris et épousa l’homme de lettre jean Auguste Boyer, dit Boyer d’Agen. Elle est décédée en 1931. Le couple Breton-Boyer d’Agen, artistes chrétiens, intellectuels, érudits, fréquenta le monde littéraire et artistique parisien mais c’est par son marie que Marthe découvrit Salviac (voir Boyer d’Agen même rubrique). Par un des poèmes de Boyer d’Agen que nous apprenons que deux tableaux furent peints et offerts à l’église par Marthe. Ces deux tableaux furent exposés au salon des artistes français (le Chemineau en 1898 et le Sacratissimun en 1899) avant d’être installés dans le chœur de l’église de Salviac. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Dans les années 1930, le « Sacratissimun » fut offert à la Présidence du Conseil du canada à Ottawa par le père Gonsalve Delsuc (originaire de Salviac), représentant la congrégation des Maristes, pour remercier le canada d’avoir accueilli sa congrégation pendant la période sui suivit 1905. il est évident que ce don fut fait avec l’accord de Boyer d’Agen après le décès de son épouse, mais pour ne pas démunir l’église de Salviac, celui-ci demanda à son ami le peintre agenais Jean Torthe d’en faire une copie. Il fit donc une copie signée « du Sacré-Cœur de Marthe Boyer Breton ». C’est certainement pour réaliser cette commande que les deux tableaux furent enlevés de l’église pour être installés dans la maison de famille des Passefond à la Chapelle. La disparition du couple Boyer-breton ne permit pas le retour des deux œuvres dans l’église de Salviac pour laquelle ils avaient été peints. Ils furent ainsi déposés par les nouveaux propriétaires de la maison de la chapelle, puis dans la chapelle de l’Olm pendant quelques dizaines d’années. Récupérés par la commune à la mise à disposition de la chapelle, les deux tableaux ont été restaurés et réinstallés à leur emplacement primitif, dans l’église Saint-Jacques. C’est lors des séjours estivaux du couple Boyer-Breton à Salviac que Marthe Boyer initia le jeune sculpteur Émile Mompart, qui demeurait face à la maison des Passefond, au dessin et à la peinture.